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Interview

«Le PS tient une piste: une société moins anxiogène»

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Publié le 19/03/2005 à 1h03

Le conseil national du PS se réunit dimanche pour examiner le «Diagnostic sur la France de 2005», première étape pour la préparation du projet socialiste pour 2007. Eric Maurin, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteur du Ghetto français (éditions du Seuil, «la République des idées»), fait partie des experts auditionnés pour ce document.

Quel jugement portez-vous sur le texte final ?

Le document prend parfois une allure de catalogue. Cela reflète sans doute la difficulté de dégager un petit nombre de priorités simples dans une organisation aussi complexe que le PS. De même, on trouve peu d'évaluations serrées des politiques menées dans le passé, ce qui renvoie à notre manque dramatique de culture dans ce domaine : l'évaluation devrait être pensée en même temps que les politiques elles-mêmes, puis réalisée ailleurs que dans les administrations directement concernées.

Cela dit, le diagnostic met bien en avant l'un des problèmes centraux aujourd'hui : l'anxiété par rapport à l'avenir. Une inquiétude qui touche tout le monde, classes populaires, classes moyennes ou classes supérieures. L'incertitude de la concurrence scolaire, les aléas de l'insertion sur le marché du travail concernent de près ou de loin toutes les familles. C'est devenu le moteur intime de l'âpreté de notre société, à l'école, au travail, dans les choix résidentiels.

Ce qui est en cause derrière tout cela, c'est l'inadaptation croissante d'une société encore très élitis

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