C'est ce qui s'appelle sauver les meubles. Après quatre mois de coups bas sur la question européenne (lire pages 6 à 8), le PS s'est essayé à gommer ses divisions. Le conseil national d'hier statuait sur «le diagnostic», première étape avant l'élaboration des propositions du projet socialiste pour 2007. En concluant ces travaux, François Hollande se félicitait de la production de «pensées» plutôt que d'«arrière-pensées». Il en rajoutait dans l'autopersuasion : «Les socialistes se sont rassemblés aujourd'hui pour mener à bien le projet.»
En fait, chacun est resté sur ses positions. Au nom de la majorité, les trois secrétaires nationaux chargés du projet, Martine Aubry, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, ont versé leur texte au débat. Et chaque «sensibilité» a fait de même. Elles seront toutes soumises aux militants. «Des textes complémentaires et non contradictoires», veut croire le numéro 3 du parti, François Rebsamen, qui annonce un «diagnostic partagé», voté en juin lors d'un nouveau conseil national. Mais la synthèse ne sera pas naturelle. Pour le Nouveau Parti socialiste (NPS), Vincent Peillon a demandé qu'elle «voie plus large, plus loin avec les défis de l'avenir, plus juste pour les salariés en marge de la pauvreté et plus clair sur les moyens d'action». Au nom de Nouveau Monde, Henri Emmanuelli a jugé que le diagnostic «ne hiérarchise pas les causes de l'anomie sociale». Son ex-partenaire de Nouveau Monde, Alain Vidalies, député des Landes, a estimé que «la question




