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Libération

Fabius en terrain chic mais hostile

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Face à des patrons pro-Constitution, il a rodé ses arguments.

Publié le 13/04/2005 à 1h45

Place Vendôme plutôt qu'à la Mutualité. Des patrons de boîtes à «forte croissance» plutôt que des ouvriers ou employés. Du champagne et des petits fours plutôt que du rouge et du saucisson. Laurent Fabius ne fait pas campagne en faveur du non n'importe où. Ni avec n'importe qui. Hier soir, l'ancien Premier ministre était «chez lui», selon l'expression de Charles Beigbeder, président de l'«association apolitique» Croissance Plus qui réunit «les entreprises créatrices des emplois de demain». Place Vendôme, au coeur du Paris chic, dans les salons d'une banque privée, l'ancien patron de Bercy s'est dit d'ailleurs heureux de se «retrouver dans un lieu qui n'est pas désagréable». Mais tout de même face à un parterre d'interlocuteurs libéraux franchement hostiles. Beigbeder ­ le frère de Frédéric, l'écrivain muse de Robert Hue ­ a ainsi estimé que «le rassemblement des mécontents et des conservateurs qui s'agrègent autour du non» donne l'image d'«une France qui n'offre pas le visage du courage».

Cet environnement a permis `à Fabius de roder son argumentaire, qu'il devrait faire valoir de plus en plus publiquement au fur et à mesure que le non paraît en mesure de l'emporter le 29 mai. Précisant qu'il est «un homme de gauche» et pas «libéral au sens sauvage du terme», il a assuré : «A l'origine l'objectif de la Commission européenne était d'obtenir une harmonisation économique et sociale vers le haut. Aujourd'hui, il y a un risque de concurrence vers le bas.»

Les patrons, décidément ta

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