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Interview

Henri Emmanuelli : «La question de l'orientation du socialisme français est posée»

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Référendum 29 mai. Henri Emmanuelli, député PS des Landes et partisan du non:

Publié le 16/04/2005 à 1h47

Depuis le 2 mars, Henri Emmanuelli fait «publiquement campagne pour le non» au traité européen. Le député socialiste des Landes propose la tenue d'un «nouvel Epinay», du nom de ce congrès qui a vu la refondation du PS en 1971, sous la houlette de François Mitterrand.

Vous réunissez, ce dimanche, vos collectifs locaux pour le non, c'est l'embryon d'un autre PS ?

Il ne s'agit pas de cela. Nous voulons faire la démonstration que le non socialiste ne se résume pas à une juxtaposition de positions personnelles. Actuellement, plus de 80 collectifs sont présents dans autant de départements. Nous allons expliquer que, comme nous l'avions prévu, le oui de gauche a du mal à exister. Parce que voter oui, c'est accepter la nature libérale de l'Europe actuelle et contribuer à l'ancrer pour longtemps dans ce libéralisme. Comment peut-on oser dire que l'Europe sera plus sociale après avoir lu le document publié par le patronat européen sur le traité qui explique l'inverse ? Ou que le Parlement français pourra s'opposer à une directive ? Ou que la directive Bolkestein est derrière nous ?

François Hollande dit que voter non, c'est faire le jeu de l'extrême droite...

Plus qu'une erreur stratégique, assimiler plus de la moitié de l'électorat socialiste à l'extrême droite et confondre populaire et populisme est une faute. J'ai mis en garde mes camarades contre la gravité de ce contresens politique et psychologique. Je les appelle à se ressaisir. Car je pense, comme François Hollande, que, le 30 mai, il faudra chercher les moyens du rassemblement.

Votre obstination ne vous place-t-elle pas de fait à l'extérieur du PS ?

Non. Je suis et resterai socialiste, quelle que soit l'issue du référendum. Je demande simplement à la direction du parti de

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