Membre de droit, en tant qu'ancien Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing s'était allégrement affranchi du devoir de réserve qui sied à un membre du Conseil constitutionnel. Simone Veil, elle, décidé de mettre entre parenthèses son statut de «sage» de la rue Montpensier le temps de la campagne référendaire sur la Constitution européenne. L'ancienne président du Parlement de Strasbourg s'en est expliquée en faisant part de ses regrets de ne pas pouvoir participer à la campagne en faveur du oui. Le choix de Simone Veil apparaît tout à fait légal : comme tout agent public, les membres du Conseil peuvent prendre un congé pour convenance personnelle. Mais certains, s'appuyant sur l'article 4 du décret de 1959 portant sur «les obligations» des membres du Conseil, considèrent que la mise en congé ne vaut que pour un «sage» «qui entend solliciter un mandat électif».
Cette double irruption dans l'arène politique de deux juges constitutionnels qui, dans leur cénacle, ont eu à donner leur avis sur des questions relatives au référendum, a en tout cas été vivement dénoncée par Philippe de Villiers. Le président du Mouvement pour la France a jugé hier, «très grave» l'attitude de Simone Veil qui fait «une entorse au principe de neutralité de cette institution, qui perd ainsi beaucoup de son crédit».
En termes quasiment identiques, Jean-Pierre Chevènement a affirmé hier que la participation de deux «sages» à la campagne ôte «toute autorité» au Conseil. Dans le camp du oui, Julie




