Amiens, envoyé spécial.
Le débat aux petits oignons avec des jeunes que Jacques Chirac n'a pas eu le 14 avril sur TF1, Jean-Pierre Raffarin se l'est offert hier à Amiens (Somme). Le Premier ministre était en terre connue, l'Institut national des sciences de l'administration et du management (Insam) fait partie du groupe Sup de Co, école dont il est issu. D'entrée de jeu, il salue ses «chers camarades». Ovation.
Lénifiantes. Les 200 étudiants l'accueillent avec le traité bien en évidence sur les genoux. Les questions sont prudentes, sinon lénifiantes. «Si c'est non, pourra-t-on renégocier la Constitution ?» «Bien entendu non», répond l'orateur. Qui fait aussi dans la géopolitique : «Ni la Chine ni l'Inde n'attendront que l'Europe se dote d'une puissance continentale : c'est maintenant ou dans bien longtemps.» Germain tente de remonter la pente et cuisine Raffarin sur le risque de «nivellement social» de l'Europe, «par le bas ou par le haut ?» «Lisez la charte des droits fondamentaux. Elle reconnaît par exemple le droit au logement et une protection contre les licenciements injustifiés. Certains pays ne les reconnaissent pas encore.» Personne ne relève l'interprétation hasardeuse de la charte.
Les étudiants sont quelquefois terre à terre: «Quel sera l'avenir des grandes écoles comme la nôtre au sein de l'Europe ?» Ou au contraire très politiques : «Comment faire en sorte que le référendum n'apparaisse pas comme un vote pour des hommes politiques, mais pour l'avenir ?» «Ah ça, c'e




