Nicolas Sarkozy vole au secours de la victoire. Alors que le oui remonte dans les sondages, le président de l'UMP se découvre une fibre européiste. Hier soir, au Palais des sports de la porte de Versailles, à Paris, celui qui était accusé il y a encore quelques semaines par l'Elysée de renâcler à s'engager vraiment dans la campagne a esquissé pour la première fois sa vision de l'Europe après la victoire du oui. Devant 5 000 jeunes de l'UMP, Sarkozy a chanté «la nouvelle Europe» comme «idée civilisatrice» et «projet fraternel». Et il a résumé ce qu'il appelle son «rêve européen» par une devise fleurant le libéralisme : «La paix pour tous et la réussite pour chacun.»
Mots d'ordre. «La nouvelle Europe», la formule sonne comme du Delors. Mais sous l'emballage, le projet reprend les mots d'ordre habituels de Sarkozy et de l'UMP : la défense des agriculteurs français, une politique d'immigration plus stricte, l'opposition résolue à la Turquie. Seule innovation : l'idée que l'exception culturelle française ne survivra que si les autres pays développent eux aussi des politiques culturelles fortes. Mais, sur ce point comme sur les autres, l'objectif de ce discours qui se voulait «fondateur» est purement hexagonal : prendre le contre-pied du chef de l'Etat.
D'où une attaque en règle de l'argument numéro 1 du chef de l'Etat quand il tente de rassurer l'électorat de gauche : la Constitution serait le meilleur garant du modèle social français. Sarkozy pense exactement le contraire, parce q




