A Strasbourg,
Fred (1) ne comprend toujours pas. Condamné pour avoir lancé un cocktail Molotov sur un döner kebab tenu par un Turc, à Strasbourg, en 1996, il a échappé de peu à la mise en examen pour homicide volontaire, mais il s'est retrouvé emprisonné pour quatre ans pour «dégradation volontaire par moyen dangereux pour les biens et les personnes». Son groupuscule, Elsass Korps, néonazi, skinhead et acteur de la scène musicale «oï» auquel il appartenait, a été dissous officiellement, hier, en Conseil des ministres. Une mesure annoncée dès février par le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, à l'Assemblée nationale, à la suite d'un rapport des Renseignements généraux. Et surtout après la tentative d'assassinat de Jacques Chirac, le 14 juillet 2002, par Maxime Brunerie, un adolescent soldat perdu d'Unité radicale, dissoute dans la foulée.
Profanations. Le rapport des RG listait, en 2004, une dizaine de formations susceptibles de tomber sous le coup de la loi de 1936 sur les milices armées et des lois Gayssot réprimant l'incitation à la haine raciale. Elsass Korps, un petit groupe de fans du club de foot de Strasbourg, un kop aux idées ultras, «se retrouvant pour écouter du bruit, boire de la bière et foutre le bordel», comme le dit un ancien du FN passé au MNR, s'est aussitôt retrouvé dans le collimateur de la justice après une série de profanations de tombes juives et musulmanes. «Je ne vois pas pourquoi on nous condamne, s'interroge Fred, d'abord nous ne sommes pa




