Ce n'est plus un référendum, c'est une présidentielle par anticipation. Ou une répétition grandeur nature, avec Laurent Fabius dans le premier rôle. Son carnet de bal est plein : pas un jour sans une ou plusieurs interventions médiatiques d'ici au 29 mai. Et cette «conviction tranquille» affichée partout que le non va l'emporter, malgré la crainte de quelques «coups tordus» dans la dernière ligne droite. Une posture mitterrandienne l'allusion à «la force tranquille» de 1981 est évidente destinée à le porter jusqu'en 2007.
«Alchimie». Vendredi, invité du Forum Ipsos, l'encore numéro deux du PS s'est dit persuadé que «le non est majoritaire à gauche. Et le non sera majoritaire dans le pays par la gauche». C'est qu'au cours de ses rencontres «avec le peuple», il a «ressenti qu'il est en train de se passer quelque chose. Une alchimie, quelque chose d'assez mystérieux». Comme le rendez-vous d'un homme avec un peuple (tels de Gaulle, puis Mitterrand). Pour ceux qui n'auraient pas compris : l'homme, c'est lui. Ce qui ne l'empêche pas de pourfendre ceux qui osent déceler dans son engagement en faveur du non une «stratégie» : «Je les entends. J'esquisse un sourire intérieur. Comme j'ai trop bonne mémoire. Je pense à François Mitterrand.» Comme son père en politique, il ne craint pas les vilenies. Et sait que son heure viendra pour «rassembler les socialistes, rassembler la gauche». A l'exclusion de Lionel Jospin.
Jeudi, au cours de son meeting à Nantes (Libération du 20 mai), l'ex-




