Pour relancer l'action gouvernementale, Jean-Pierre Raffarin se trouve fort démuni. Pourtant, dans les couloirs des ministères, on sent l'urgence d'avoir à dire quelque chose au lendemain du référendum, quel que soit le choix des électeurs. «On a bien conscience d'une demande sociale dans le pays», reconnaît-on à Matignon. Le Premier ministre a donc l'intention de rencontrer les partenaires sociaux «vers la mi-juin». Mais, pour le moment, l'ambition est minimale : il ne s'agirait que de faire le point sur trois mois d'application du plan Borloo de cohésion sociale. Il y aura quelques chiffres à se mettre sous la dent, comme les 60 000 contrats d'avenir signés depuis le 29 mars par Gérard Larcher, ministre aux Relations du travail, ou encore le démarrage du RMA (revenu minimum d'activité). Un président consensuel, Raymond Soubie, ex-conseiller social de Raymond Barre, devrait être nommé président du Conseil d'orientation de l'emploi, dont le rôle est de dessiner un «constat partagé», avec les syndicats et les patrons, sur le mode du Conseil d'orientation des retraites (COR). Au-delà, le chef du gouvernement n'a rien de plus dans sa hotte. Quant à la lutte contre le chômage, son objectif est désormais de faire passer le taux de chômeurs sous les 10 % (contre10,2 % actuellement). On ne peut pas faire plus symbolique.
Et les dossiers en attente, comme le nouveau mode de contrôle des chômeurs, ressemblent comme deux gouttes d'eau à une boîte à gifles qu'il serait urgent de ne pas




