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Libération

«Une déclaration de Chirac ou de Fabius, et je rebascule»

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Publié le 24/05/2005 à 2h18

Jean-Claude est «naturellement» européen. Sa famille a laissé des morts sur les champs de bataille des deux dernières guerres mondiales, son père, né à Maastricht (qui dit mieux ?), a toujours été «très européen, c'était un élément d'identité très fort». Jean-Claude a reçu «ça» en héritage, de plus, il a passé l'essentiel de sa vie sur les frontières : l'italienne où il est né, l'espagnole et l'allemande où il a travaillé. «Voter oui, la question ne se posait même pas.» La cinquantaine, historien en sciences sociales, Jean-Claude vit à Paris où le doute est venu le tarauder au début de la campagne. «L'impression très forte que tout recommençait, que rien ne changerait jamais», le syndrome du 21 avril 2002. Face à cette «situation bloquée», il s'est dit qu'une victoire du non «redistribuerait les cartes». C'est alors qu'il a «basculé». «Un sentiment de révolte face à quelque chose qui stagne, et cette incapacité à avoir prise sur les choses.»

La gauche avait gagné les élections régionales au printemps 2004 et le gouvernement avait snobé cette victoire «jusqu'à la nier». Trop, c'est trop. Non, donc. «Et puis je suis revenu vers le oui.» A cause d'articles lus dans la presse (Jean-Claude ne regarde jamais la télé) et d'un environnement familial plutôt favorable au vote positif, «ça joue». Il a été aussi sensible aux arguments sur la question des nationalités défendus par Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois (lire aussi en dernière page). Oui, donc. «Mais il me

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