Menu
Libération

Envie et consternation chez les Belges

Réservé aux abonnés

Privés de référendum, ils trouvent en France une campagne «de substitution».

Publié le 25/05/2005 à 2h19

Bruxelles correspondance

Ambivalence : c'est sans doute le mot qui définit le mieux l'attitude des Belges vis-à-vis du débat français sur le traité constitutionnel. Son ampleur impressionne et suscite l'envie ici, où, faute de consultation populaire, le débat est resté confiné. «Voir les ouvrages sur la Constitution en tête des ventes, en Franc e, c'est incroyable», souligne un député socialiste. Envie mais aussi agacement, voire consternation. Le non français est d'abord perçu comme l'expression d'un ras-le-bol général et le résultat d'une instrumentalisation à des fins de politique intérieure. «Un vote bras d'honneur, un vote de défoulement à l'aveugle», écrivait récemment dans le Soir (centre gauche et laïque), premier quotidien francophone, un ancien rédacteur en chef, Yvon Toussaint. «Ce salmigondis de gros mensonges et de médiocrité partisane, poursuivait-il, ces palinodies de politiciens Yo-Yo, alternativement hérauts ou fossoyeurs de l'Europe au hasard de leurs plans de carrière, est attristant au-delà de tout.»

Les médias et les hommes politiques francophones ont, depuis toujours, un tropisme français et regardent avec assiduité les chaînes de télé hexagonales. «Les médias suivent la campagne par substitution, estime Pascal Delwit, professeur de sciences politiques. Sauf qu'en Belgique il y a un large et solide consensus sur la Constitution européenne au sein de la classe politique.» «Pour les socialistes, les libéraux, les démocrates-chrétiens ou les écolos, entre le

Dans la même rubrique