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Libération
Éditorial

Pour sauver le oui

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Référendum

Publié le 26/05/2005 à 2h20

Jacques Chirac est associé au pouvoir depuis quarante ans, il était Premier ministre il y a trente ans, il a connu de nombreux référendums, et il a mené au moins cent batailles électorales. Sa gigantesque expérience, unique en France, ne l'a pas empêché de commettre plusieurs bourdes dans la bataille en cours : le retard à l'allumage sur le projet de directive Bolkestein, l'entêtement sur le lundi de Pentecôte, le maintien de Jean-Pierre Raffarin à Matignon alors que la rage antigouvernementale était déjà en pleine expansion. Aujourd'hui, à trois jours du scrutin, il se retrouve seul et impopulaire, face à l'abîme. Le saut qu'il va faire porte en lui la consécration de l'échec ou le sauvetage du oui.

Jacques Chirac aime se laisser guider par son instinct. Il sait de manière physique que si sa déclaration solennelle de ce soir, invitant les Français à voter oui, se limite à leur dire que la Constitution européenne est bonne pour la France et pour l'avenir, il est quasiment certain de précipiter, tout seul, la victoire du non.

Ce risque, il le connaît mieux que personne. Même si la fracture sociale qui s'exprime à vif dans cette campagne ne lui est pas inconnue, il sait en pessimiste foncier, que son bilan sur le sujet, en dix ans, est accablant.

La défaite au référendum ne lui laissera aucune latitude. Ce sera tout simplement un gâchis pour l'Europe et un cauchemar pour lui. Jacques Chirac doit coûte que coûte sauver le oui. A la veille du scrutin, lui seul est aujourd'hui en me

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