Comment rompre la trêve, sans la rompre, tout en la rompant un petit peu ? C'est l'exercice auquel semble(nt) s'être livré(s) le(s) rédacteur(s) du communiqué arrivé hier à la rédaction de France 3 Corse. Il est signé par le FLNC-UC (Union des combattants), l'un des deux groupes clandestins à l'oeuvre sur l'île. La nouvelle situation politique, après le non au référendum sur la Constitution européenne, y est analysée du point de vue nationaliste. «L'intention de la France est de continuer à neutraliser le problème [corse] sans la moindre intention de le résoudre» et si le gouvernement Raffarin n'avait «aucune politique pour la Corse», sinon celle des «surenchères pénales» et de la «haine répressive», la nouvelle équipe ne vaut guère mieux. Pour les clandestins, les nominations de Villepin et Sarkozy «ne laissent présager rien d'évolutif».
Alors, que faire ? Pas simple, lorsqu'on soutient «la politique de l'Unione naziunale», une coalition de nationalistes et d'autonomistes dont certains condamnent la violence clandestine. Alors, avant de doser le mélange nitrate-fioul, on pèse ses mots. Face au «comportement aveugle et dangereux» de l'Etat, le FLNC se voit «obligé» de procéder à «un repositionnement structurel sur le terrain de la lutte» et à un «redéploiement de [ses] forces». Traduction : on n'a pas le choix, on va poser quelques bombes, mais c'est juste pour faire un peu parler de nous. Surtout, on serait très content si vous, l'Etat, faisiez un petit geste vers nous, les




