Contre mauvaise fortune bon coeur. «Il n'y a pas d'état de grâce ? Eh bien, avançons vite.» Recevant des journalistes à Matignon vendredi matin, Dominique de Villepin affiche une humeur batailleuse. Affublé de sondages catastrophiques, plombé par la mauvaise cote de Jacques Chirac, déjà fâché avec les syndicats, le nouveau Premier ministre déroule son plan de communication : que ça se sache, il est volontariste. Et puis, après tout, «l'état de grâce, ça veut dire quoi ? fait-il mine de s'interroger. Ça veut dire qu'on croit que tout est possible, et après on fait n'importe quoi ?»
Villepin n'a pas mis longtemps à comprendre qu'il n'arrive pas au meilleur moment à Matignon. «La première partie du quinquennat a été consacrée aux grandes réformes, concède-t-il. Maintenant, il faut les appliquer sur le terrain» et surtout marquer des points contre le chômage. Il répète en boucle qu'il veut «agir» : «On peut toujours considérer qu'on met la France dans une boîte remplie de formol et attendre que ça se passe, mais ce n'est pas l'idée que je me fais de notre pays. Nous avons fait de grandes choses, il faut reprendre le mouvement.»
Villepin n'entend pas être «amnésique» du scrutin du 29 mai qui a donné une grande victoire aux opposants à la Constitution. «Il y a de l'inquiétude, de l'impatience dans notre pays. Les Français ont envie de décision, d'action, de mouvement.» D'ailleurs, s'il échoue à répondre aux attentes des Français, il est persuadé que les autres rameront encore plus.




