Etouffer la polémique. C'est l'obsession de Dominique de Villepin. Comme de nombreux dirigeants de la majorité, le Premier ministre n'a guère apprécié le ton avec lequel son numéro 2, Nicolas Sarkozy, a promis de faire «payer» le juge qui avait remis en liberté un des assassins présumés de Nelly Crémel. Mais il s'est bien gardé de le dire. Il s'est contenté de lui donner tort sur ce cas précis, tout en lui donnant raison sur le fond. Un numéro d'équilibriste pour ne pas faire exploser une équipe déjà fragile. «Il ne faut pas en faire un sujet de discorde au sein du gouvernement», confiait-il vendredi dans l'avion qui l'amenait dans les Ardennes (lire ci-dessous), expliquant que c'est son «rôle» d'arrondir les angles.
Villepin s'était déjà gardé de désavouer son ministre d'Etat qui avait promis de «nettoyer» la cité des 4 000 à La Courneuve après le meurtre d'un enfant de 11 ans. «On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre», estime Villepin concernant Sarkozy. Sous-entendu : profiter de son énergie et attendre de lui une maîtrise parfaite de ses propos.
Sauver la face. N'empêche que les saillies du locataire de la place Beauvau lui donnent du travail. Le Premier ministre a passé ces deux derniers jours à concocter une communication gouvernementale cohérente, multipliant les coups de fil avec Jacques Chirac, avec le garde des Sceaux Pascal Clément et avec Nicolas Sarkozy. Vendredi matin, il a servi son argumentaire sur France Inter. Il a d'abord désavoué Sarkozy en réa




