«On peut difficilement se plaindre.» A la veille du défilé du 14 Juillet, le général Henri Bentégeat, chef d'état-major des armées, reconnaît que les militaires n'ont guère de motifs de râler. «Notre budget augmente de 3,5 %. C'est une agréable surprise», ajoute-t-il. La grogne de l'automne dernier, au sujet d'une éventuelle réduction des effectifs, semble oubliée. La ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, n'a pas manqué de rappeler, dans le Parisien d'hier, que «la loi de programmation militaire sera respectée pour la quatrième année successive».
Voilà pour la façade. La réalité est plus prosaïque et le moral des troupes s'en ressent. L'amiral Alain Oudot de Dainville, chef d'état-major de la marine, reconnaît ainsi que «le moral reste très fragile». Les promesses ne sont pas toutes tenues. Guy Teissier, président (UMP) de la Commission de la défense à l'Assemblée, dénonce le fait que «le taux de consommation des crédits d'investissement est relativement modeste». En clair, pour 100 euros promis, les militaires n'en ont perçu en 2004 que 81,7...
Conséquence directe : alors que l'armée devait percevoir sept hélicoptères Tigre en 2004, en sus des deux premiers en 2003, «aucune livraison n'est encore intervenue».
Le ministère de la Défense pensait avoir trouvé «la pierre philosophale» avec les financements innovants, sous la forme de partenariats public-privé. «Ils ont fait pschitt !» constate le socialiste Louis Gautier, animateur d'Orion, un groupe d'experts de la défens




