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Au PS, le blairisme fait office d'épouvantail.

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Seuls quelques isolés prônent encore la «troisième voie» britannique.

Publié le 05/08/2005 à 3h12

Le blairiste est-il une espèce en voie de disparition chez les socialistes français ? Les dirigeants du PS veulent le croire. Depuis le référendum du 29 mai, Tony Blair sert plus que jamais de repoussoir. L'air du temps est plus propice à un «ancrage à gauche» qu'à un éloge du modèle social anglais.

Lors du conseil national de son parti, le 9 juillet, François Hollande mettait en garde ses camarades : «Tony Blair veut imposer son leadership. S'il n'y a pas de notre côté une vision du monde, une capacité à agir et une conception du socialisme, alors ces thèses-là peuvent devenir dominantes.» La digue reste néanmoins fragile. «C'est le résultat paradoxal du vote non à la Constitution, explique Pierre Mauroy, président de la fondation Jean-Jaurès. Nous perdons de l'influence dans le mouvement social-démocrate européen.» Et les dirigeants du PS d'ériger Lionel Jospin en héraut de la résistance à la tentation blairiste.

Déroute. En novembre 1999, à Florence, l'ancien Premier ministre s'était opposé au rapprochement entre Blair, Schröder et Clinton. Dans la foulée, il avait réussi à stopper l'ascension du blairisme au sein de l'Internationale socialiste qu'il dirigeait, en intégrant les ex-partis communistes italien et hongrois. Mais après la déroute du 21 avril cette muraille commence à se fissurer. Discrètement, certains cadres du parti se laissent séduire par la méthode Blair. Des contacts sont noués. Lors de l'université d'été du PS en 2002, le fabiusien Henri Weber invite Frédé

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