Keith Dixon est professeur de civilisation britannique à l'université Lumière-Lyon II. Spécialiste de l'histoire du néolibéralisme au Royaume-Uni, il vient de publier Un abécédaire du blairisme aux éditions du Croquant.
Depuis l'échec du référendum, Blair est-il devenu le repoussoir du PS ?
Le blairisme a encore des influences sur la gauche française. Tony Blair jouit de soutiens savants de la part d'intellectuels comme Zaki Laïdi, Monique Canto-Sperber ou encore Laurent Bouvet qui appellent à en finir avec le «surmoi marxiste» de la gauche. Jean-Marie Bockel est un cas presque caricatural, mais Delors ou Aubry offrent toujours un soutien, certes critique, à la «rénovation» blairiste.
Qu'est ce qui différencie le New Labour du PS ?
A la différence du PS, le blairisme ne fait pas partie de la social-démocratie, c'est plutôt un néolibéralisme de seconde génération qui s'inscrit dans la droite lignée de Margaret Thatcher. La spécificité française réside dans l'existence de courants à gauche du PS qui rendent la rencontre avec le néolibéralisme difficile. Au Royaume-Uni, le mode de scrutin majoritaire à un tour écrase les petits partis, il n'y a pas de forces à gauche des travaillistes. Rien n'empêche le PS de devenir blairiste, si ce n'est le réalisme politique. Il serait suicidaire pour la direction du PS ,après le rejet du traité européen, d'afficher une orientation plus libérale.
Quelle est l'influence du blairisme dans la gauche européenne ?
Tony Blair, qui se rêvait en «phare du




