Il n'a pas compris pourquoi chanter l'Internationale lui a valu les menottes. C'est exactement au moment où Olivier Besancenot entamait «Producteurs, sauvons-nous nous mêeeeem-euh»... que des policiers casqués ont envahi la salle de la Mutualité, lâché des grenades lacrymogènes et plaqué le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire sur son pupitre, mains dans le dos. Le leader de la LCR et les 350 militants qui chantaient à pleine gorge ont tous été placés en garde en vue, puis mis en examen pour contrefaçon : l'Internationale ne tombera dans le domaine public qu'en 2014 et, dans l'intervalle, il est interdit de la chanter sans demander l'autorisation. Ils risquent jusqu'à cinq ans de prison et 500 000 euros d'amende pour «délit en bande organisée».
Gratuité zéro. La mésaventure de la LCR marque la nouvelle politique internationale de «gratuité zéro», réponse législative aux difficultés des industries culturelles confrontées au développement fulgurant des échanges gratuits d'oeuvres via les systèmes peer-to-peer depuis 2000. «C'est notre guerre contre le terrorisme à nous», avait déclaré le patron des producteurs hollywoodiens Jack Valenti (1). En 2007, les producteurs de cinéma et de musique ont obtenu la signature du traité de Villedieu-les-Poêles, ratifié par 185 pays à ce jour et dont la transposition dans les législations nationales est en cours. Aux Etats-Unis, le «No Singing in the Shower Act» a été voté en avril. En France, c'est le ministre




