Menu
Libération
Portrait

Gilles de Robien, de la vieille école

Réservé aux abonnés

Publié le 02/09/2005 à 3h31

Cet été, le nouveau ministre de l'Education nationale a passé beaucoup de temps dans son jardin, surveillé les récoltes, assisté à la réparation des moissonneuses-batteuses et «percé des allées» dans les bois qui entourent sa (très) vaste propriété. Gilles, Marie, Ghislain, Louis de Robien est donc un terrien, un vrai, qui possède champs et forêts, particule et armoiries (de 1212), ainsi qu'une demeure familiale connue sous le nom de château de Cocquerel. Il en est l'entier propriétaire depuis qu'il a racheté les parts de ses neuf frères et soeurs. Et rien ne lui est plus agréable que d'arpenter ses terres, chaque week-end, quand il ne va pas tirer le canard en baie de Somme... Jacques Chirac a pris un risque en confiant le monde enseignant à cet aristocrate qui n'a jamais (sauf l'année du bac) mis les pieds à l'école publique.

Il fit fortune dans l'assurance avant de se lancer en politique. C'était au début des années 1970, à Amiens. La capitale picarde est alors aux mains des communistes, ennemis jurés de la famille Robien. «Mes affaires prospéraient, mais la ville était en plein déclin. C'était mortel. Alors, on s'est réunis et on s'est dit : soit on quitte, soit on conquiert !» Comme si les Robien s'étaient sentis naturellement responsables de leur territoire... «Nous avons conscience que, si on a un titre, c'est que d'autres que nous l'ont mérité, explique Christian de la Simone, son ami d'enfance. Chaque génération doit être à la hauteur. Nous avons un rôle social à jou

Dans la même rubrique