Evian envoyés spéciaux
Un petit raté qui sonne comme un avertissement. En trois mois, Dominique de Villepin a déjoué les pronostics de ceux qui le voyaient trébucher au Parlement. Contre toute attente, il a su séduire députés et sénateurs de l'UMP. Mais rien n'est acquis. Hier, aux journées parlementaires de l'UMP qui se tiennent jusqu'aujourd'hui à Evian (Haute-Savoie), il est arrivé pendant la pause. Dans la salle, une dizaine d'élus et quelques conseillers en train de discuter sur fond de jazz et pas un applaudissement. Ce loupé n'a pas enlevé le sourire au Premier ministre, qui s'est exclamé devant les caméras : «Tout le monde est rassemblé, c'est la joie de la famille.»
Méprisant. Longtemps, les députés et les sénateurs se sont méfiés de lui. Trop fougueux, donc dangereux. Et méprisant à leur égard. Jamais élu, le chef du gouvernement n'a jamais été des leurs. Il a su, en quelques semaines, retourner la tendance. Laurent Hénart, viré par Villepin du gouvernement et tout juste réélu en Meurthe-et-Moselle, a trouvé le groupe «adouci» : «Les députés sont agréablement surpris, c'est le type de Premier ministre qu'ils attendaient.»
Conscient de sa mauvaise image, le locataire de Matignon y a mis du sien. Avant son discours de politique générale, en juin, il a reçu les présidents de commission pour faire mine de les associer. Présent à toutes les réunions de groupe, il prend soin d'arriver à l'heure et de ne jamais repartir avant la fin. Il n'hésite pas à s'attarder pour répondr




