Taissy (Marne), envoyé spécial.
Gonflé à bloc, François Bayrou. Et visiblement prêt à en découdre avec ses deux rivaux à droite pour la présidentielle, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Lors d'un déjeuner organisé en marge des journées parlementaires de l'UDF, à Taissy (Marne), le leader centriste s'est laissé aller à quelques commentaires croquignolets sur l'affrontement Villepin-Sarkozy qui divise l'UMP depuis plusieurs semaines : «Moi aussi, je peux faire du jogging, plonger dans les vagues et présenter mes enfants aux caméras... Cette "pipolisation'' est un poison mortel. Je ne veux pas de ce monde-là. C'est un projet politique en soi que de refuser ça.» Drapé dans sa vertu de fils de paysan, le leader centriste en a fait des tonnes sur le «fossé culturel» qui le sépare du Premier ministre et de son numéro 2 : «Nous ne sommes pas du même monde. Je suis plutôt du côté du peuple que de la gentry.»
Banderilles. Sous couvert d'une confidentialité toute relative, il a continué sa démonstration en s'en prenant directement à Sarkozy, son rival le plus dangereux, qu'il accuse de vouloir «importer le modèle américain en France». Tant sur le fond de sa politique «ultralibérale» que sur la forme de sa communication «le jogging avec les gardes du corps, c'est le chromo absolu du président américain !» Bayrou estime que le modèle anglo-saxon n'a aucune chance de prendre en Europe, «comme le prouve le rejet des réformes libérales proposées par Angela Merkel en Allemagne».




