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Libération
Interview

«Pas là pour lécher nos plaies»

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Publié le 01/10/2005 à 3h55

Président du club Témoin créé par Jacques Delors, l'avocat Jean-Pierre Mignard a cofondé le mouvement Sauvons l'Europe, réuni ce week-end à Rennes.

N'est-ce pas un peu prétentieux de vouloir «sauver l'Europe» ?

Pas du tout ! Elle a besoin d'être sauvée. Le mot n'est pas trop fort. L'Europe, c'est une dynamique aujourd'hui bloquée. Or, elle doit regarder devant elle pour avancer. Le président Barroso, un libre-échangiste notoire qui remplit ses corbeilles à papier de projets obsolètes, a d'ailleurs décidé que l'on n'avait plus besoin de nouvelles institutions ni d'Europe politique. Blair n'en demandait pas autant. J'imagine que le «non de gauche» se serait bien passé de ce renfort. Nous, nous proposons d'avancer.

A Rennes, c'est un week-end de calinothérapie entre ouistes ?

C'est un plaisir de se retrouver. On s'est battus ensemble et on a été battus ensemble : cela crée des liens. Cette rencontre n'est pas organisée pour lécher nos plaies, mais pour faire repartir l'Europe, privée hélas du «plan B» de notre cher Henri Weber (député européen fabiusien, ndlr) ! Nous croyons qu'il faut fédérer ­ et non dissoudre ­ tous les groupes, associations, syndicats qui réfléchissent sur l'Europe. Notre ambition est de les rassembler dans un vaste mouvement expert et militant, implanté dans tout le pays. Une société civile européenne est à construire.

Discuter avec Fabius, Emmanuelli ou Peillon sur l'Europe vous paraît-il possible aujourd'hui ?

Il faut leur demander. Il faudrait d'abord renonce

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