La question a surgi à l'occasion de la maladie de Jacques Chirac. Christian Poncelet, 77 ans, président du Sénat, est-il en état d'assurer l'intérim en cas d'empêchement du chef de l'Etat ? Pas vraiment, à en croire ses collègues du palais du Luxembourg.
Depuis de nombreux mois, le Sénat bruisse de rumeurs sur la «fatigue» du président. Un sénateur UMP raconte ainsi une projection. La scène se déroule il y a un an. Les élus sont invités à visionner un film anglo-saxon. A la fin, Christian Poncelet se lève pour prononcer quelques mots et part dans une tirade sur ce fleuron du «cinéma allemand» devant une assistance médusée. Quelques mois plus tard, c'est un ministre, venu dans son fief des Vosges, qui en repart halluciné après avoir fait avec lui le tour des ronds-points du coin. «Ses propos ne sont pas toujours très clairs», glisse ironiquement un membre du gouvernement. «Il ne va pas très bien, lâche un sénateur. Le pire c'est que c'était déjà le cas lors du renouvellement de son mandat l'année dernière. Cela commence à poser un problème d'élire à chaque fois le plus vieux d'entre nous.»
«Il n'est plus très frais, ajoute un autre hôte du palais du Luxembourg pourtant peu hostile à l'égard du Vosgien. Il est incapable de prononcer un discours qu'on ne lui écrit pas. Chaque mot, même "bonjour", doit être transcrit pour qu'il le dise. C'est terrible pour lui. C'est insupportable pour l'institution.» Cette situation inquiète l'administration sénatoriale. «Elle est toute-puissante




