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Dans son livre, Jospin voit l'Europe en noir.

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Il affirme que la voie institutionnelle est «pour un temps bouchée».

Publié le 24/10/2005 à 4h12

«Le traité constitutionnel européen est mort (...) Je ne vois se dessiner aucun plan institutionnel de substitution susceptible de satisfaire les Français et d'obtenir l'accord de nos partenaires.» Dans le chapitre qu'il consacre à l'Europe dans Le monde comme je le vois (Gallimard), Lionel Jospin lâche une petite bombe à destination de ses amis socialistes. Après le référendum du 29 mai, qu'ils aient voté oui ou non, les différents courants du PS appellent à remettre sur le métier le projet constitutionnel. Fabius souhaite «l'ouverture d'un processus constituant», le trio Peillon-Emmanuelli-Montebourg suggère l'avènement d'une «République européenne» et la prudentissime motion A, présentée par Hollande (et aussi Strauss-Kahn, Aubry, Lang...), plaide pour l'instauration d'une fonction de président de l'Europe et la reprise du débat institutionnel avec le Parlement européen et les parlements nationaux «le moment venu». Et tous, naturellement, réclament l'avènement de l'Europe sociale.

Lionel Jospin, lui, ne croit pas que ce moment viendra. Du moins pas dans une échéance compatible avec les projets politiques. Et il n'a pas l'air de le regretter. Même la réforme consistant à faire élire un président de l'Union par les peuples européens tous les deux ans et demi lui paraît inenvisageable. «Je suis convaincu que la voie institutionnelle est pour un temps bouchée.» Il préfère tirer «d'autres leçons» du référendum. En commençant par la réhabilitation des Etats-nations : «L'Etat-nat

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