Il a voté avant tout le monde. Lionel Jospin a eu l'autorisation de voter hier à 17 heures, une heure avant l'ouverture du scrutin. Le matin même, sur RTL, il avait dramatisé l'enjeu : «Quand on constate que ce pays est en panne économiquement, socialement secoué au point que des problèmes énormes d'insécurité se sont posés ces derniers jours [...] la responsabilité du PS est de se rassembler, de proposer et, si possible, de rassembler la gauche.»
Dans cette période de précongrès, l'ex-Premier ministre a multiplié les rendez-vous fortuits. Des hasards parfaitement maîtrisés. A la fin de l'été, il se rappelle au bon souvenir des socialistes à l'université d'été de La Rochelle. Il y confirme la sortie d'un livre. Le 22 septembre, il se dégourdit les jambes électorales en soutenant un candidat vert lors d'une cantonale partielle difficile en Seine-et-Marne «pour que le département reste à gauche». Le vert l'emporte. Le 17 octobre, il participe à l'assemblée générale de sa section du XVIIIe, à Paris. A la presse, il assure «soutenir François Hollande» et sa motion. Aux militants, il dit craindre «que la droite se succède à elle-même». Pour éviter cette funeste prédiction, il faut, dit-il, «un parti en ordre de marche, un projet de mobilisateur et une stratégie de rassemblement». Sous-entendu : ce n'est pas encore le cas. Dix jours plus tard, il commence la promotion de son Monde comme je le vois (Gallimard). Dans la foulée, sur France 2, le «retraité» de la vie politique n'exclut




