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Quand le FN enrôle de force les historiens sous sa bannière

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Publié le 15/12/2005 à 4h58

Pour Bruno Gollnisch, c'est pain bénit. La pétition signée par une vingtaine d'historiens (1) publiée mardi dans Libération pour réclamer l'abrogation des lois restreignant la «liberté des historiens», y compris la loi Gayssot du 13 juillet 1990, tombe à pic. Ce texte, voté à l'instigation de l'élu PCF Jean-Claude Gayssot, complète la législation contre les «actes racistes, antisémites ou xénophobes» et réprime le négationnisme et la contestation de «crime contre l'humanité».

Or, mardi, justement, les parlementaires européens refusaient de défendre l'immunité de Gollnisch poursuivi après ses propos tenus sur les chambres à gaz en octobre 2004. Le numéro 2 du FN a donc sauté sur l'occasion pour se féliciter de voir des historiens «reconnus qui ne sont pas de [son] bord réclamer l'abrogation des textes au nom desquels on [le] poursuit».

Les signataires de la pétition soulignent que, «dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animé des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire».

Témoins. Bruno Gollnisch est poursuivi pour avoir notamment déclaré en octobre 2004 : «Quant à l'existence des chambres à gaz, c'est aux historiens d'en discuter.» L'élu d'extrême droite envisage de demander à plusieurs de ces chercheurs de venir témoigner à son procès en mai 2006. Et de rappeler que, en 1990, Jacques Chirac avait voté contre la loi Gayssot, tout comme Dominique Perben, l'an

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