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Libération

Taxe sur les entreprises : Chirac fait exploser les patrons.

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Publié le 06/01/2006 à 20h00

Cela se passe sur le perron de l'Elysée. Un syndicaliste serre la louche d'un grand patron et lui demande : «Alors, quel effet ça fait d'être taxé ?» Le grand patron fait mine d'étrangler son interlocuteur et s'éclipse. C'était hier au sortir de la cérémonie des voeux présidentiels aux «forces vives de la nation» : on y a servi la soupe à la grimace aux patrons et du champagne aux syndicats.

Jacques Chirac a en effet réaffirmé sa volonté de mettre en place d'ici à la fin de l'année une «cotisation sur la valeur ajoutée» (CVA) en basculant «une fraction des cotisations patronales sur une cotisation assise sur l'ensemble de la valeur ajoutée des entreprises». Dans la salle, certains patrons ne cachent pas leur fureur. «C'est une folie», s'emporte Denis Gautier-Sauvagnac, le négociateur du Medef sur l'assurance chômage, «on va frapper les créations d'emploi !» L'amertume la plus forte réside chez ceux qui vont devoir passer à la caisse : banque, assurance, services, technologie. «C'est fou de procéder de cette manière, conteste un assureur. Dans n'importe quel pays une décision d'une telle importance serait débattue publiquement, et longuement. Là, rien, le Prince décide !»

Les industriels, eux, se font tout petits. Jean-Martin Folz (PSA) refuse de commenter tout autre sujet que le moteur «diesel hybride». Gérard Mestrallet (Suez) évacue : «Je n'ai pas eu le temps d'y penser...» Serge Dassault, patron, membre du Medef et sénateur UMP, entreprend de convaincre Thierry Breton qu'il

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