Effacer la tache, et vite. Jacques Chirac ne veut plus entendre parler du très controversé article 4 de la loi du 23 février 2005 qui reconnaît le «rôle positif» de la colonisation française. Il a reçu hier soir à l'Elysée le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, à qui il avait confié le 9 décembre une mission destinée à évaluer l'«action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'Histoire». Refusant alors d'abroger directement le texte voté par les parlementaires UMP pour ne pas se mettre à dos sa majorité, le chef de l'Etat cherchait une porte de sortie destinée à mettre fin à la «loi de la honte», comme les Antillais l'ont rebaptisée.
Hier soir, il a aussitôt fait siennes les conclusions de Jean-Louis Debré et réclamé la saisine du Conseil constitutionnel en vue d'une abrogation pure et simple du fameux alinéa 2 de l'article 4 de la loi du 23 février 2005. Après avoir multiplié les auditions d'historiens, chercheurs, représentants associatifs et élus, Jean-Louis Debré a estimé que c'était la seule issue. «Les passions sont restées vives», constate-t-il. Tout en laissant le soin à l'exécutif de choisir s'il veut abroger ou simplement modifier la loi, Debré livre sa méthode. Il conseille au Premier ministre de saisir le Conseil constitutionnel en s'appuyant sur l'article 37 de la Constitution. Dominique de Villepin devrait s'empresser de suivre cette recommandation. Très rapidement, les sages devraient constater que le fameux alinéa 2 relève du cara




