Peut-on bouffer du prophète musulman comme du curé ? Libération a posé la question à quatre dessinateurs français, parmi les plus virulents, qui travaillent notamment pour la presse.
Pétillon, «le Canard enchaîné»
«Cette affaire prend des proportions inouïes, c'est du délire, car ces dessins ne méritaient pas ça. Je trouve que la plupart sont anodins, sauf celui du prophète avec la bombe dans le turban, peut-être. Celui-là craint, car il associe directement religion et terrorisme. C'est un amalgame, ce n'est pas bien. On ne peut pas dire n'importe quoi sur la communauté musulmane. Mais malgré tout, je pense que la liberté d'expression n'est pas négociable. Si des gens se sentent insultés, il y a des tribunaux pour ça.»
Willem, «Libération»
«Je n'accepte aucune révision de mes dessins. Il faut que le dessinateur puisse mettre sur le papier ce qui se passe dans sa tête. C'est son travail. Je fais chaque jour deux dessins pour Libération, le journal en choisit un, c'est son travail. Moi je fais le mien, et il n'y a pas de limites. Ce n'est pas possible. On doit travailler sans avoir le sentiment que quelqu'un est en train de vous surveiller par-dessus votre épaule. C'est très important d'avoir cette liberté-là, de pouvoir se défouler, de se sentir libre pour trouver des idées. Quel que soit le sujet. Ma seule limite, c'est le racisme, jamais de racisme, ce n'est pas mon genre. Mais sur la religion, je n'ai aucune retenue particulière.»
Charb, «Charlie Hebdo»
«J'ai vu les dessins, c'est énormément de bruit pour pas grand-chose. En France, je parle pour Ch




