Certains parlent de «deal», d'autres évoquent une affaire pliée : Jean-Pierre Chevènement ne sera pas candidat à la présidentielle si Laurent Fabius est désigné pour défendre les couleurs socialistes. Un fabiusien assure qu'un ancien parlementaire chevènementiste lui a confié : «On fera campagne pour Laurent, c'est réglé.» La république, la laïcité, une certaine vision de la France, rapprochent les deux anciens ministres de François Mitterrand. Surtout, ils se sont retrouvés ensemble pour vanter les vertus du non de gauche à la Constitution européenne. Le duo sera de nouveau scellé pour un meeting commun, le 7 mars, à Lyon.
Pour Georges Sarre, premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (MRC), la direction du PS a pourtant décrété «une fatwa contre [les chevènementistes] depuis le premier tour de la présidentielle de 2002». Récemment encore, François Hollande rappelait à l'intention de Chevènement que «l'affront [de 2002] n'est pas oublié». Mais Laurent Fabius, lui, n'a jamais tenu ce type de propos. Et le maire de Belfort lui en sait gré. C'est d'ailleurs une certaine forme d'hostilité des autres à gauche à leur encontre qui rapprocherait Chevènement et Fabius. «Jean-Pierre a dû souvent batailler à contre-courant. Il mesure ce que cela représente», traduit l'eurodéputé fabiusien Henri Weber.
«Rubicon du non». La complicité entre les deux hommes ne date pas d'hier (Libération du 27 juin 2005). Mais, depuis quelques mois, le maire de Belfort, bientôt 67 ans, ne tarit




