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Libération

Affaire Clin: l'emballement de la métropole dénoncé

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Publié le 04/03/2006 à 20h32

Saint-Martin envoyé spécial

Effet boule de neige sous les tropiques. A 8 000 kilomètres de Paris, sur le confetti antillais de Saint-Martin où cohabitent une centaine de nationalités, personne n'a vraiment compris comment la machine médiatico-politique s'est emballée au point que certains, à droite et à l'extrême droite, ont assimilé «l'affaire Clin» à l'assassinat de Ilan Halimi, le jeune torturé par le «gang des barbares» (lire aussi page 15). Les élus saint-martinois (35 conseillers municipaux, 2 conseillers généraux, 1 conseiller régional) se disent eux-mêmes «désorientés par la surenchère de Paris», selon l'expression d'un conseiller municipal UMP. Un élu de la majorité municipale ajoute, ironique : «Chirac, Sarkozy et les autres ont voulu faire de la gonflette. Je les comprends : 2007, c'est demain !»

«Emotion». Le 12 février, au petit matin, un gendarme en poste à Saint-Martin est heurté violemment par une moto lancée à vive allure sur la route nationale qui relie la capitale française à celle des Pays-Bas, au sud. L'île est binationale, 40 000 personnes y vivent, dont 10 000 Français. Des témoins, dont l'épouse du gendarme, assurent que, sur place comme à l'hôpital, des insultes à caractère raciste ­ «Crève, sale Blanc», notamment ­ auraient été proférées à l'encontre du représentant des forces de l'ordre. Qui décède un peu plus tard. Aujourd'hui, certains témoins reviennent sur ces déclarations prononcées sous le coup de «l'émotion». L'enquête devra déterminer les fai

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