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«Je veux vraiment partir, aidez-moi»

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Autour du Dr Chaussoy, médecins et infirmières ont débattu d'euthanasie jeudi en Dordogne.

ParLaure Espieu
Saint-Astier (Dordogne) envoyée spéciale
Publié le 04/03/2006 à 20h32

«Madame M. avait un cancer découvert trois ans et demi auparavant. Elle a 68 ans, elle refuse d'emblée tout traitement. Cela fait quinze ans que je la soigne. Je soigne aussi toute la famille : son compagnon, sa fille, son gendre, et sa petite-fille. Je lui ai dit que c'était un cancer, et ce qu'elle risquait. Elle me demande de ne pas en parler à qui que ce soit. Elle perd l'appétit et souffre de nausées. Elle continue à refuser les traitements. Je la consulte toujours seule, dans sa chambre. La famille me harcèle : "Pourquoi vous ne faites rien ?" Les derniers jours ont été très très difficiles. Elle me disait : "Je n'en peux plus, c'est le moment, aidez-moi. Je veux mourir ici, dans mon lit." J'augmente la morphine. Je la vois tous les jours. "Je veux vraiment partir, aidez-moi, j'ai confiance en vous", me demande-t-elle. Je lui ai administré un mélange létal, et elle s'est éteinte doucement. La famille n'a jamais compris, jamais accepté. Dix ans ont passé, et j'y pense encore très souvent. Et je m'interroge encore.»

Paroles. Ils étaient plus d'une centaine, jeudi soir, médecins, infirmières et professions paramédicales, réunis dans le cinéma de Saint-Astier, en Dordogne, pour parler de l'euthanasie. Une rencontre organisée en soutien à un médecin de la petite ville, Laurence Tramois, et à une infirmière, Chantal Chanel, renvoyées devant les assises pour avoir aidé à mourir une patiente il y a deux ans et demi.

A leur côté, le docteur Chaussoy, tout juste b

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