Une «agence intellectuelle» au service des idées «réformistes» : tel est l'objectif du site Internet Telos, lancé par l'universitaire Zaki Laïdi pour mettre en ligne des articles d'analyse sur l'actualité (telos-eu.com). La liste des contributeurs regroupe un vaste panel d'économistes, de chercheurs, de responsables européens où dominent très largement les «sociaux-libéraux». «Telos veut créer un espace de débat public pour les intellectuels qui ne sont ni dans la logique Finkielkraut-Baverez, ni dans l'altermondialisme», résume Zaki Laïdi. Le comité de parrainage est présidé par Pascal Lamy, directeur général de l'OMC et ancien commissaire européen. Membre du PS, Lamy, dont Zaki Laïdi est un proche depuis longtemps, s'active pour trouver des financements permettant de pérenniser l'activité.
La création de Telos marque une innovation dans le modus operandi du débat d'idées en France. La fondation Saint-Simon, lancée au début des années 80, avait ouvert la voie à une multitude de clubs de toutes tendances destinées à diffuser leurs thèses vers le public restreint mais crucial des décideurs (éditorialistes, PDG, hauts fonctionnaires). L'avènement d'Internet et la perte de crédit des relais d'opinion ont rendu obsolète ce système. Zaki Laïdi a lui-même animé pendant trois ans «En temps réel», un club proche de l'ancien ministre de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn, avant de lancer Telos, et il ne regrette pas d'avoir franchi le pas : «En deux mois, j'ai réussi à mettre dans le




