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Libération

A Paris, le parcours vu de la Santé.

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Très familial, le cortège longeait la prison, qui résonnait de slogans.

Publié le 20/03/2006 à 20h40

Gouvernement fermé, porte ouverte sur la Santé. Samedi, la manifestation parisienne anti-CPE s'ébranle en longeant la prison de la Santé. Les premiers manifestants commencent à marcher peu après 14 heures. Ils ont déjà rejoint la place de la Nation, huit kilomètres plus loin, lorsque les derniers démarrent. Ils sont au moins 200 000, il est près de 18 h 30. Durant tout ce temps, les locataires de la Santé n'ont pas bougé. Ceux qui logent dans les étages supérieurs ont tout vu, tout entendu et... un peu manifesté. Ça a commencé par un poing fermé sur un sac en plastique bleu à travers des barreaux. Puis un encourageant et sonore, au-delà du très haut mur d'enceinte : «Vous êtes dehors, faites du bruit !» La rue a d'abord répondu mollement par quelques «ouais». Le carré de tête syndical, très protégé par un service d'ordre aux abois, n'a pas encore démarré que déjà des centaines de manifestants bon enfant le précèdent, dans une joyeuse pagaille. Pour une promenade de printemps, en famille.

«Villepin au mitard». Les taulards s'époumonent : «La gauche au pouvoir.» Puis «Chirac en prison». Variante : «Sarko au cachot.» Nouvelle variante : «Villepin au mitard.» La foule applaudit. Elle rigole, reprend à son compte les slogans, salue au loin les prisonniers. Sur le trottoir, Sandra et Benoît poussent la poussette de Tao. Les parents, trentenaires, sont profs dans le Val-d'Oise, le gamin encore à la crèche. Ils ne sont «pas syndiqués» mais «de gauche» et ont voté «no

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