Gilles de Robien est un ministre serein. La crise du CPE ne l'a pas affecté, elle l'a même conforté dans ses positions. Dressant hier le bilan des dernières semaines, le ministre de l'Education a souligné «le temps perdu» pour cette année universitaire et les conséquences des grèves sur l'image de l'enseignement supérieur français. «C'est très dommageable, nous aurons moins d'étudiants étrangers l'an prochain. Ces cerveaux vont partir en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis», s'est désolé le ministre sans parvenir à donner d'exemples de filières désertées.
Méthode de l'autruche. Lui, qui s'est attaché à soutenir sans relâche le couple Chirac-Villepin tout au long de la crise, a encore témoigné hier de son zèle : «A chaque fois que je croiserai un jeune au chômage ou sans qualification, je regretterai qu'il n'ait pu bénéficier d'un CPE [...]. J'espère que chacun sera conscient des blessures occasionnées. Les plus pauvres vont le payer très cher. » Au passage, l'unique ministre UDF du gouvernement a réécrit l'histoire, assurant que «le CPE était très populaire à sa création». Autant nier l'unanimité du monde syndical contre ce contrat, sitôt l'annonce de sa création. Il a également évacué d'une phrase ce conflit social qui a jeté deux fois de suite trois millions de manifestants dans les rues : «Une démocratie bien faite est une démocratie paisible.»
Villepin pourra toujours compter sur Robien pour lui emboîter le pas. Le Premier ministre a appelé à un grand débat sur la profession




