Quatre ans après la dernière présidentielle. Un an avant la prochaine. Après le «coup de tonnerre» du 21 avril 2002, le Front national sera-t-il de nouveau en mesure de profiter, dans un an, des turbulences de la société française ? Et JeanMarie Le Pen en empochera-t-il les dividendes dans les urnes ? Selon un sondage de l'Ifop à paraître aujourd'hui (1), 35 % des Français pensent que l'extrême droite «enrichit le débat politique» et 34 % estiment qu'elle est «proche de leurs préoccupations». Comme toujours, le fondateur du FN plastronne et se voit déjà au second tour de la présidentielle dont il fixe le seuil d'accès à «16 ou 17 % des voix». Pourtant, le contraste est saisissant entre un contexte politique et social propre à favoriser les desseins de l'extrême droite et un candidat vieillissant. Lesté par un parti en désordre, Le Pen est aussi menacé par la double concurrence de Villiers, qui recrute jusqu'au sein du parti, et de Sarkozy dont l'activisme séduit, selon certains sondages, plus de la moitié de ses sympathisants.
Grand silence. Trois crises susceptibles de servir les intérêts électoraux frontistes se sont succédé en moins d'un an : la large victoire du non au référendum sur la Constitution européenne le 29 mai, les émeutes de banlieues en novembre et l'affaiblissement du pouvoir lors de la longue contestation du contrat première embauche (CPE). A chaque fois, Le Pen n'a pas décroché le leadership de l'opposition musclée : le non de Philippe de Villiers, puis la




