Entamée dans le calme hier matin, la réouverture de la Sorbonne s'est achevée dans une ambiance tendue. Une quarantaine d'étudiants ont occupé l'université pendant environ deux heures, avant d'en être évacués sans violence vers 20 h 30. Des incidents ont toutefois eu lieu plus tard dans la soirée, tandis que cinquante à cent personnes arpentaient les rues de Paris pour une manifestation spontanée. Des vitrines ont été brisées, dont celle du journal Charlie-Hebdo, ainsi que celles de plusieurs banques. Les manifestants ont également détruit la vitrine de la permanence du PS dans le IIIe arrondissement alors qu'une réunion s'y tenait.
Le matin, les étudiants s'étaient d'abord réappropriés la Sorbonne, la majorité d'entre eux souhaitant connaître le programme des semaines à venir. Puis, en fin de journée, environ 200 étudiants avaient voté la grève et le blocage de l'université. Ils critiquaient notamment la répression lors des manifestations anti-CPE. Le rectorat demandait l'intervention de la police, qualifiant cette action de «pure provocation». En fait, dès la semaine dernière, des voix au rectorat et au ministère de l'Education avaient averti Gilles de Robien et Dominique de Villepin du risque d'aller présenter de nouvelles mesures (lire ci-contre) dans un lieu aussi symbolique. «Villepin a absolument voulu rentrer à la Sorbonne triomphant, voilà le résultat», grince un haut fonctionnaire.
A Jussieu, le campus avait des allures de lendemain de bataille. Restaient quelques ba




