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Et Blum créa les «vacances payées»

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Longtemps considérés comme non prioritaires par les syndicats, les congés annuels ont été accordés à la fin du mouvement social qui avait précédé l'entrée en fonction du gouvernement de la gauche unie.

Publié le 20/06/2006 à 21h30

Elle a ses fétiches, la découverte de la mer et des Alpes, le camping et les auberges de jeunesse, les joyeuses randonnées et les vélos pour tous. Promulguée il y a tout juste soixante-dix ans, le 20 juin 1936, et appliquée dès l'été, la loi sur les congés payés a, en à peine quelques mois, gagné une place de choix dans la mythologie populaire. Léon Blum usait volontiers de cette imagerie. Ainsi devant ses juges, au procès que lui fit l'Etat collaborateur à Riom en 1942, il s'emporte en évoquant ses «chers congés payés» : «Par l'organisation du travail et du loisir, j'ai malgré tout apporté une espèce d'embellie, d'éclaircie dans des vies difficiles, obscures. [Ces ouvriers], on ne les a pas seulement arrachés au cabaret, on ne leur a pas seulement donné plus de facilité pour la vie de famille, mais on leur a ouvert la perspective d'avenir, on a créé, chez eux, un espoir.» Pourtant, cette loi mythique du Front populaire, intouchable s'il en est dans la mémoire du peuple de gauche, a été bricolée à la hâte par Léon Blum sous la pression des événements de juin 1936.

Qu'on se reporte au programme de la CGT ou à celui du Rassemblement populaire, avant la victoire aux législatives du 4 mai 1936 : les congés payés n'y figurent même pas, quand toutes les autres lois sociales octroyées en juin 1936 y sont mentionnées, notamment les 40 heures et, surtout, de substantielles augmentations de salaires. Car, dans les valeurs mises en avant par les syndicats et les ouvriers, c'est le trava

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