Derrière le choc des ambitions et des ego, une bataille idéologique. Comme lors du duel Chirac-Balladur de 1995, la droite a décidé de donner un peu de lustre à ses querelles de personnes. A entendre les deux camps, l'affrontement au sommet de l'Etat entre chiraco-villepinistes et sarkozystes pour la conquête du pouvoir reposerait d'abord sur de profondes divergences d'ordre idéologique.
«Fracture sociale». En 1995, Edouard Balladur (et son plus fidèle allié, Nicolas Sarkozy) incarnait cette droite dite «orléaniste» offrant alors un projet de société conservateur conjugué à une dose jusque-là inédite en France de libéralisme au plan économique.
En face, Jacques Chirac s'était paré de l'oripeau «gaulliste à gauche toute» avec sa «fracture sociale», pourfendant par son volontarisme affiché toutes les «fatalités» françaises, à commencer par celle du chômage. Douze ans plus tard, le remake est fascinant de ressemblance. Mêmes acteurs sur le devant de la scène ou en coulisses. Mêmes procès à voix basse, mêmes méthodes pour discréditer l'adversaire et mêmes envies que l'histoire se répète dans un cas..., de soif de revanche, dans l'autre.
Depuis le début du mois de septembre, Jacques Chirac et Dominique de Villepin s'appliquent dans une parfaite répartition des rôles à contredire et à souligner leurs différences avec le ministre de l'Intérieur. De la politique sociale à la diplomatie en passant par le service civil, la carte scolaire ou l'immigration, toutes les option




