Bordeaux correspondance
Alain Juppé est parvenu une nouvelle fois, vendredi, à concentrer tous les regards. Pour son retour à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), il a été élu comme prévu au poste de premier vice-président, siégeant à la droite du président socialiste, Alain Rousset. Mais le maire de Bordeaux ne s'en est pas tenu là. Il a profité d'une attaque d'un conseiller des Verts, pour créer un incident.
«Il y a, paraît-il, un nouveau maire à Bordeaux», lance par provocation Gérard Chausset, élu de Mérignac. Immédiatement, Alain Juppé se tend, pianote avec humeur et fait discrètement signe d'approcher à Hugues Martin, son prédécesseur à la mairie de Bordeaux. Les deux hommes échangent quelques mots. Dès la fin de l'intervention de l'écologiste, Juppé prend la parole : «Ce que vous venez de dire est une insulte à mon encontre et à l'encontre de tous les électeurs bordelais. Je quitte donc la séance.» D'un bloc, tous les élus de droite se lèvent et suivent, empêchant la poursuite des débats, faute de quorum.
«Excessive». Dans les couloirs, personne n'est dupe. «Juppé marque son territoire», affirme, en riant, Pierre Hurmic, chef de file des Verts à Bordeaux. Pour d'autres, plus acerbes, cet éclat sert à masquer les défections dont Juppé a été victime. En effet, au sein de son groupe, il n'a obtenu que 54 voix sur 58, dont trois bulletins nuls, pour sa désignation à la vice-présidence. De quoi agacer. Particulièrement pour celui qui se donne la pein




