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Libération

Le cheminement de Chevènement

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Hier, le maire de Belfort a annoncé sa candidature à la présidentielle, relançant les inquiétudes d'émiettement à gauche.

Publié le 07/11/2006 à 23h59

Depuis quelques semaines, Jean-Pierre Chevènement cheminait vers le Rubicon. Allait-il s'asseoir sur la rive et sortir sa canne à pêche ? Que nenni. Hier, à 67 ans, il l'a franchi et s'est porté candidat à l'Elysée pour la deuxième fois consécutive. «Cette décision s'est imposée à moi progressivement mais avec évidence, a-t-il déclaré sur TF1. La France va mal.» Lui seul, à l'entendre, serait capable face aux délocalisations et aux suppressions d'emplois de «mettre la gauche face à ses responsabilités», de «faire entendre une voix utile et [de] gagner pour redresser la France». Et pas question de s'arrêter en chemin : «Quand on part, c'est pour aller jusqu'au bout.»

La machine à perdre serait-elle ainsi relancée à gauche ? Les socialistes ne vont pas manquer de stigmatiser le maire de Belfort, le pointant comme le diviseur de 2007 et le principal artisan de la défaite en 2002 avec son million et demi de voix (5,33 % des suffrages) qui ont manqué à Lionel Jospin pour atteindre le second tour. A l'époque, il est vrai, le tout juste ex-ministre de l'Intérieur n'avait d'autre souci que de faire «turbuler le système», un système dans lequel le couple Chirac-Jospin, rebaptisé «Chirospin», était qualifié de «pareil au même». Hier, le maire de Belfort a rétorqué aux accusations socialistes un mot : «Calembredaines !» Et d'expliquer que Lionel Jospin était le seul responsable de sa déroute. Mais «il faut tourner cette p

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