La chiraquie bouge encore. Alors que Nicolas Sarkozy peaufine le conseil national de l'UMP, qui se tiendra demain à Paris, pour lancer la bataille des législatives sur le thème de la rupture, Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie occupent le terrain un peu partout en France. Le but : montrer qu'ils ont des choses à dire. En contrant aussi souvent que possible le ministre de l'Intérieur.
Chirac défend son bilan Le chef de l'Etat s'est rendu hier à Amiens (Somme) pour prouver qu'il n'a pas à rougir de ses deux mandats. Dans le quartier nord réputé sensible de la ville, il a dialogué avec des acteurs locaux (éducateur, principal de collège, médecin...) des résultats de la zone franche urbaine qu'il était lui-même venu lancer ici il y a dix ans. «150 entreprises y sont installées et 750 emplois ont été créés», a-t-il affirmé. Accueilli à bras ouverts par Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale et ancien maire de la ville, mais aussi par le député communiste de la Somme Maxime Gremetz, Jacques Chirac s'est offert plusieurs bains de foule. Une manière de souligner que, lui, peut se rendre dans ces quartiers, quand son ministre de l'Intérieur ne peut plus y mettre un orteil. Comme à ses plus belles heures de campagne, Jacques Chirac a beaucoup embrassé, pris tout son temps pour serrer desdizaines de mains et posé pour les photos aux côtés de gens de toutes origines. «Eh, tu ne peux pas lui dire à Sarko que c'est un bâtard ?»




