Le changement s'est fait en douceur et par étapes. Au fil des mois, Nicolas Sarkozy, désormais officiellement candidat à l'Elysée, est devenu de moins en moins ministre, au point de laisser son cabinet gérer seul le tout-venant de la place Beauvau. De moins en moins président de l'UMP, une tâche qui ne l'a jamais passionné et qu'il délègue volontiers à ses fidèles. Ce ministère de l'Intérieur, qu'il occupe depuis 2002 (à l'exception d'une parenthèse de quelques mois en 2004-2005), comme ce parti aux 300 000 adhérents revendiqués qu'il a tout fait pour conquérir, il s'en sert aujourd'hui plus qu'il ne les sert.
La place Beauvau est devenue son quartier général de campagne. Ordre est désormais donné de ne déranger le candidat que lorsqu'il y a urgence sur le front de l'insécurité. Comme la semaine dernière avec la mort du jeune supporter du PSG à l'occasion de laquelle il a dû, selon son entourage, «s'y replonger à fond». En dehors des coups de feu, Nicolas Sarkozy se contente de superviser, lors des réunions du lundi matin avec ses plus proches collaborateurs ou lors de petits points informels à quatre ou cinq, pour trancher ou régler un problème spécifique.
Casquettes. Les demandes d'audiences d'associations, de syndicats ou d'élus relatives au maintien de l'ordre ou à l'aménagement du territoire sont traitées par Claude Guéant, directeur du cabinet et ministre bis, ou par d'autres membres de l'équipe. «C'est simple, on explique aux gens : "Si vous voulez voir le min




