On ne se débarrasse pas comme ça d'une mauvaise conjonction astrale. Hier, Dominique de Villepin avait sans doute espéré sortir de la conférence sur l'emploi et les revenus un peu plus crédible sur le dialogue social. Voire, en ayant reçu un semblant d'onction de la part des partenaires sociaux à la politique gouvernementale qu'il souhaite mener jusqu'à la présidentielle. Encore raté.
Juste après son discours, les principaux leaders des syndicats de salariés, François Chérèque pour la CFDT, Bernard Thibault de la CGT, Jean-Claude Mailly de FO, se sont copieusement énervés devant les journalistes. «Tout ça pour ça», a lancé Thibault. Chérèque a qualifié, lui, les chantiers que souhaite ouvrir le gouvernement d'«hypothétiques négociations qui risquent de discréditer les rendez-vous». Surtout, les partenaires sociaux n'ont guère goûté d'être traités en «figurants», et «instrumentalisés dans la campagne présidentielle». «Le matin, on a pu parler librement, chaque centrale a exposé ses propositions concrètes, disait ainsi Maryse Dumas de la CGT. Mais les débats de l'après-midi étaient hallucinants.» Les délégations parlaient de l'impression d'avoir été dans la «quatrième dimension». «On a parlé de tout, de l'Europe, de la France, du monde», racontait Chérèque, à moitié ironique. Pourtant, Dominique de Villepin avait convoqué du beau monde : pas moins de quatre ministres, Jean-Louis Borloo (Cohésion sociale), Gérard Larcher (Emploi), Thierr




