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Libération

Robert Fabre, la fin d'un radical

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L'éternel second rôle de l'Union de la gauche et président du MRG s'est éteint samedi à 91 ans.

Publié le 25/12/2006 à 0h38

C'était le troisième homme du programme commun, le notable de province que l'on voyait aux côtés de François Mitterrand et de Georges Marchais. Eternel second rôle de l'Union de la gauche, Robert Fabre, qui est décédé samedi à l'âge de 91 ans, restera surtout dans les mémoires comme l'homme qui bouscula le dirigeant communiste devant les caméras de télévision.

La scène se passe le 14 septembre 1977. Place du Palais-Bourbon, au siège du PS, les dirigeants de l'Union de la gauche sont réunis pour tenter de réactualiser le programme commun de gouvernement. Sont présents les responsables des trois partis signataires : François Mitterrand, Georges Marchais et Robert Fabre, président du petit Mouvement des radicaux de gauche (MRG). Constatant leur désaccord sur l'ampleur des nationalisations, la séance est suspendue. Marchais se précipite devant les caméras, suivi de Fabre qui, le poussant, s'empare du micro : «C'est à moi de parler.» Furieux de se voir voler la vedette, le dirigeant communiste rétorque : «Enfin, ce ne sont pas des méthodes !» Fabre explique alors que son parti, héritier du Parti radical de la IIIe République, est «opposé à toute évolution de la société française vers le collectivisme».

L'Union de la gauche, telle qu'elle a vécu depuis juin 1972, vient sans doute de mourir. Elle sera d'ailleurs défaite aux élections législatives de 1978, au lendemain desquelles Robert Fabre «se rapprochera du giscardisme» comme le rappelle le radical de

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