Comme chaque année à la même époque depuis 2005, Pierre Mazeaud est venu présenter ses voeux, hier, à Jacques Chirac. Pas en tant qu'ami, mais comme président du Conseil constitutionnel. Et, comme chaque année à la même époque, il a fustigé les lois mal goupillées, «bavardes», voire inutiles (lire ci-dessous). Sans doute une ultime fois, puisque Mazeaud, 77 ans, quittera l'institution de la rue de Montpensier début mars, après y avoir siégé près de dix ans.
Ce grognard gaulliste puis chiraquien, nommé président par le chef de l'Etat en 2004, devrait laisser sa place à un autre des derniers chiraquiens de choc, l'actuel président (UMP) de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré. Ou quand le Conseil constitutionnel fait, à chaque fin de règne élyséen, office de maison de retraite pour anciens fidèles du régime. Pour autant, Pierre Mazeaud ne s'y est pas assoupi.
«Dynastie». «Il y a une patte Mazeaud», assure le professeur de droit constitutionnel Didier Maus. Après la présidence du socialiste Roland Dumas, entre 1995 et 2000, «il ne pouvait que redonner du lustre» au Conseil, renchérit le professeur de droit public à l'université Paris-II, Dominique Chagnollaud.
Certes, Mazeaud n'a pas effacé la teinte «politique» de nombre de délibérations du Conseil. Sur certains textes délicats, cette empreinte semble manifeste à mesure que la quasi-totalité des «sages» qui restent en place ont été nommés par la droite. Et, dans deux mois, l'ancien ministre socialiste Pie




