Laurence Parisot, tout comme son prédécesseur à la tête du Medef, Ernest-Antoine Seillière, a la passion du politique. Non qu'elle ait l'ambition déclarée de se lancer dans une carrière politique. Mais PDG d'un institut de sondage, l'Ifop, elle en connaît parfaitement les rouages et sait que la présidence de la principale organisation patronale est un poste idéal pour participer aux débats d'une campagne électorale, pour être dans le jeu politique tout en se défendant d'en faire.
Registre. Avec l'assemblée générale du Medef qui a réuni hier plus de 6 000 chefs d'entreprise au Palais omnisports de Paris Bercy, elle a mis en scène un meeting dont rêveraient bien des candidats à l'élection présidentielle. Le lancement à cette occasion d'un livre (1) dont elle a coordonné la réalisation et rédigé elle-même les 30 pages de la longue préface, n'a rien à envier à celui d'un programme électoral. Tous les thèmes de la société française y sont abordés : la croissance et la place de l'entreprise évidemment, le chômage, le Smic, les 35 heures, le contrat de travail, mais aussi l'enseignement, la protection sociale, la réforme de l'Etat et le développement durable.
«Nous ne nous engageons pas derrière un ou une candidat ou candidate», a-t-elle répété sur tous les tons hier : «Nous nous engageons dans le débat.» Mais dans son discours, elle a pris un malin plaisir à jouer sur le même registre que les candidats. «Moi aussi, je vais citer Jaurès !», a-t-elle lancé. L'icôn




