Martinique, Guadeloupe envoyé spécial
Dans son genre. Ségolène Royal, durant les trois jours de son périple caraïbe, aura joué de tous les registres invoquant le «droit à la différence». Convoquant les figures de la lutte contre l'esclavage, comme les actuelles vedettes du sport, Thuram et Pérec. Alignant les propositions séduisantes, du plafonnement du prix des billets d'avion à la fiscalité en passant par la «préférence régionale».
Mais, s'il est une carte dont la candidate aura usé et abusé pour mobiliser les électeurs antillais, c'est celle de la féminité. Les figures de la «femme debout», résistant à l'oppression, et des «potomitans», ces femmes piliers du foyer (en référence au poteau central qui structure les habitations traditionnelles) ne l'auront pas quittée d'une semelle. En Martinique, «la femme à abattre» a prioritairement «adressé un salut» aux femmes «à qui on demande toujours plus, à qui on ne pardonne jamais rien». En Guadeloupe, elle a cité la Mulâtresse Solitude, pendue au lendemain de son accouchement en 1802, et, surtout, Gerty Archimède, première députée de Guadeloupe : «Elle aimait son peuple, son peuple l'aimait. C'est à lui qu'elle a consacré toute son énergie, aux plus démunis, aux femmes guadeloupéennes exploitées. Pour elle, l'émancipation des femmes et l'émancipation sociale allaient de pair.» Au-delà de l'identification, Royal, qui a toujours joué de cette ressource, sait bénéficier là d'un g




